[Focus] Le roi Facebook peut-il être détrôné ?

« Le roi Facebook peut-il être détrôné » ? La question est en droit d’être posée quand on connait l’importance du plus grand réseau social au monde. Pourquoi peut-on dire qu’il est le roi des réseaux sociaux ? Peut-il être concurrencé ? Facebook va-t-il perdurer ?

La toile d'araignée Facebook (et son fondateur, Mark Zuckerberg)

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Facebook : l’incontournable des réseaux sociaux – et même plus

Facebook est le premier réseau social au monde. Tâchons de comprendre pourquoi on peut avancer le terme de « roi des réseaux sociaux » et même de « roi de l’internet ».

  • Les réseaux sociaux représentent environ 16% du traffic internet : Facebook en truste 15%.
  • Facebook compte près de 850 millions d’inscrits jusqu’à maintenant, que l’on peut comparer aux 500 millions de Twitter, 150 millions de LinkedIn et 90 millions de Google+
  • Les membres du réseau social y passent en moyenne 7 heures, contre par exemple 3 minutes sur Google+.
  • Facebook a un impact global sur l’économie de la zone européenne chiffré à près de 15 milliards d’euros (effets directs et indirects compris – voir le Rewind du 5 février).
  • Sa prochaine introduction en bourse confèrera à Facebook une valeur de près de 100 milliards de dollars.

Autant de chiffres qui démontrent la puissance du 1er réseau social au monde. A la fois dans la sphère des réseaux sociaux et dans l’univers global du net, puisque la prochaine introduction en bourse placera Facebook à la tête des plus importantes entrées en bourse pour des entreprises issues du net et que le réseau social a par exemple dépassé Google en terme de traffic dès la fin 2010.

« Facebook compte près de 850 millions d’inscrits »

Une concurrence dépassée

Si Facebook truste près de 90% du traffic des réseaux sociaux, il est loin d’être le seul de sa sorte. Les concurrents sont nombreux (pour vous en convaincre vous pouvez consulter une liste assez exhaustive ici). En dépit de cela, Facebook règne en maître, que ce soit sur les gros concurrents directs ou les réseaux plus spécialisés (de niche).

Google+, un gros qui fait pschiiit

Google a lancé à l’été 2011 son réseau social, destiné à concurrencer de front Facebook. Google+ est sensé bénéficier de la toute puissance de la firme de Mountain View (Californie) : le moteur de recherche Google, YouTube, Gmail, Blogger, Reader, Talk… un écosystème propice au partage et au réseautage.

Mais le succès n’est pas au rendez-vous. Certes, la croissance du nombre de membres a été forte (voir le graphique ci-dessous), mais l’implication de ces membres est faible. Les membres actifs serait d’ailleurs très peu nombreux (moins de la moitié des 90 millions d’inscrits).

La croissance rapide de Google+

Google+ a tenté d’apporter un vent de fraîcheur au monde des réseaux sociaux, avec notamment l’argument d’une meilleure classification des « amis » avec les cercles (ou encore une gestion plus juste des réglages de confidentialité, les chats vidéo à plusieurs…). Mais Facebook a su s’adapter rapidement en intégrant la plupart de ces nouveautés. Résultat, Google+ ne se différencie pas suffisamment pour attirer les utilisateurs déçus de Facebook (pourtant de plus en plus nombreux à se désinscrire dans les pays développés), ce qui explique le peu de temps passé par les internautes sur le réseau (3,3 minutes contre 7h par mois sur Facebook) après une hausse initiale rapide du nombre d’inscrits.

Ne vendons pas la peau de l’ours avant de l’avoir tué, mais on voit mal comment Google+ pourrait mystifier Facebook désormais.

  »Google+ bénéficie d’un environnement propice au partage et réseautage… mais le succès n’est pas au rendez-vous »

Les réseaux qui se différencient… mais qui restent (plus ou moins) marginaux

Il y a les réseaux qui parviennent à séduire par des spécificités, mais qui n’ont pas ce que j’appellerai la « globalité » de Facebook. Comme LinkedIn, le réseau professionnel aux 150 millions d’inscrits, ou Viadeo, son équivalent français. Ces deux réseaux ne sont pas des concurrents directs de Facebook, et sont avant tout réservés à des activités professionnelles ou l’entretien de son personal branding (i.e. « marque personnelle » = réputation et identité professionnelle).

Les réseaux spécialisés sont nombreux : sport (ex : Widiwici), musique (MySpace, LastFm, Noomiz), gadgets (Gdgt)… ils sont le complément de Facebook, ou dans certains cas une alternative pour ceux qui n’en peuvent plus du géant bleu, comme avec le réseau Diaspora (qui n’a toutefois pas suscité l’exil des facebookiens comme il le désirait, preuve qu’il est bien difficile de rivaliser avec Facebook, même en jouant la carte de la confidentialité).

Le réseau social Diaspora

Diaspora, le réseau qui voulait pousser l'exil des facebookiens

Quant à Pinterest, qui est le réseau social à la mode en ce moment, il n’en reste pas moins qu’il est un réseau de niche, avant tout fréquenté par les femmes. S’il a du potentiel – notamment par son côté très imagé et sa facette social-shopping/curation – il n’est pas aussi complet qu’un Facebook peut l’être (qui contre déjà le cannibalisme avec la mise en place de listes d’intérêt).

Le cas particulier de Twitter

Le site de micro-blogging Twitter est un peu un cas particulier. C’est le deuxième plus gros réseaux social au monde, il aurait donc été anormal de le classer avec les autres. A l’origine ce n’était pas vraiment un réseau social, mais véritablement un système réduit de blogging, une sorte de sms envoyé comme une bouteille à la mer. Les fonctions sociales telles que le following ou le retweet sont venues compléter un service qui est davantage fréquenté par les « immigrants » de l’internet (les adultes, jeunes dynamiques, professionnels) que par la « génération internet », native de l’univers social du web.

Twitter

Twitter, le micro-blogging comme marque et avantage concurrentiel

Twitter a joué et joue un rôle important sur le plan de la communication corporate, des personnalités et de la politique (comme durant les différentes révolutions du monde arabe au printemps 2011). Fort de ses 500 millions de membres, Twitter peut cohabiter en tête avec Facebook et a l’avenir devant lui : il ne lui reste plus qu’à se bâtir un modèle économique stable (avec des tweets sponsorisés ?).

« Twitter est un cas particulier… il peut cohabiter en tête avec Facebook »

Les raisons pour lesquelles Facebook domine

Si Facebook domine de la sorte l’univers des réseaux sociaux, c’est qu’il y a des raisons. Cherchons à déterminer lesquelles !

1er arrivé, 1er servi

Premier argument en faveur de Facebook : il a « shotgunné ». Autrement dit, Facebook a l’avantage d’avoir été le premier réseau social « global » (je dis global car certes il y a eu MySpace auparavant), avec le partage photo/vidéo, les flux d’actualités des amis et les évènements (par rapport à ce dernier élément, on en vient aujourd’hui à se demander comment les gens faisaient avant pour organiser un évènement !). Bref, Facebook récolte l’avantage du 1er arrivé, 1er servi, et c’est pourquoi Google+, s’il ne se différencie pas plus, ne pourra pas faire tomber le réseau de Mark Zuckerberg.

Omniprésent et omnipotent

Deuxième argument : Facebook est désormais présent partout avec son Open Graph et ses modules exportables. Nombre de sites, applications ou services permettent aujourd’hui de se connecter (avec Facebook Connect) ou de commenter (Facebook Comments) via son compte Facebook. Ce à quoi s’ajoute sur la quasi totalité des sites le bouton « like ». Ce qui permet aux deux parties — Facebook et les sites tiers — d’obtenir de précieuses informations sur les internautes et d’améliorer leur visibilité sur internet. Facebook, qui n’est au départ qu’un lieu de partage et de renvoi vers d’autres sites, tend à devenir le centre d’une partie du web et attire désormais à lui.

Comme sur beaucoup d'autres sites, on peut se connecter à Pinterest avec son compte Facebook

Un faciliteur de fidélité commerciale

Troisième argument : Facebook facilite le brand-networking des entreprises ! Le brand-networking, c’est créer des liens sociaux avec les consommateurs de ses produits ou services. Facebook, par le biais des pages fan, permet aux entreprises de mettre à la disposition des internautes une plateforme sur laquelle il est possible de disposer de contenu priviligié, d’interagir (participer à des jeux, gagner des points de fidélité, critiquer et noter les produits…), de discuter entre consommateurs et avec les community managers ou chef de produits de la marque.

Fanpage Nike

Le module "Support" de la fanpage Nike Running

Les entreprises n’ont pas à chercher à attirer leurs clients sur un réseau social fait maison, peuvent profiter de la manne des 850 millions de membres facebookiens, et disposent de statistiques marketing intéressantes sur leurs « likeurs » (Facebook Insights). Les internautes, eux, n’ont pas à adopter un nouveau réseau social. Pour en savoir plus sur le brand-networking, je vous invite à consulter notre article intitulé « Le brand-networking : fidéliser le consommateur à une marque« .

« Facebook est désormais présent partout et facilite le brand-networking des entreprises »

Conclusion : Facebook a de beaux jours devant lui

Résumons ce que nous avons au cours de cet article : Facebook dispose de statistiques impressionnantes, et ses concurrents sont dépassés parce que le réseau social a su entrer dans les habitudes des internautes avant les autres et se rendre indispensable aux autres entreprises.

L’histoire du net a connu des géants qui sont tombés : AOL ou MySpace en sont des exemples… Tout peut aller très vite. Mais je pense que Facebook a su s’encrer suffisamment profondément dans l’univers du web d’aujourd’hui pour, comme je le dis ci-dessus, se rendre indispensable. Le site de Mark Zuckerberg doit cependant faire attention aux questions de confidentialité qui entourent la gestion des données sur ses membres, éviter de construire un système trop opaque et fermé comme a pu l’être celui d’AOL.

Ma réponse finalement, est oui, Facebook est bien le roi des réseaux sociaux, et il devrait avoir de beaux jours devant lui !
Et vous, qu’en pensez-vous ? Facebook est-il selon vous indétrônable ?

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Références :
- « Comment Facebook continue d’accroître son emprise sur le web » par Le Journal du Net
- « Facebook setshistoric IPO » par le Wall Street Journal
- « Facebook dépasse Google en audience aux Etats-Unis » par Les Echos
- « Les derniers chiffres et statistiques de Facebook en 2012 » par le blog Brasseo
- « Facebook Sees Big Traffic Drops in US… » par InsideFacebook
- « Le projet Diaspora : un anti Facebook » par ReadWriteWebFR
- « Facebook lance les listes d’intérêt » sur My Community Manager
- « Twitter : les tweets sponsorisés bientôt sur toutes les applications iOs et Android » par FredZone
- Liste des modules Facebook sur Facebook Developers
- « Facebook lance son Open Graph » sur le blog de Vincent Abry
- « Facebook Open Graph 2.0, ou le risque du tout centralisé » sur Clubic.com

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